LES GRINCHEUX SONT PARTOUT!

Publié le par Alain

Tout ne se passe pas toujours bien!


         Mes deux premiers voyages en Espagne n'avaient pas été exempts de problèmes. J'avais eu l'impression qu'une gitane malicieuse s'était amusée à mes dépends.*
        Le hasard ensuite m'avait projeté sur des routes plus septentrionales, vers l'Allemagne, la Hollande et autres pays du froid...
         Il serait faux de croire que les chaussées des routiers (fussent-ils internationaux) ne sont construites qu'avec des pavés dorés. Pour quelques rares et agréables rencontres de copains, d'amis, voire de quelques charmantes demoiselles, combien de contacts (parfois rugueux) avec des affreux de toutes catégories...
        Chargé de trente-huit tonnes de lessive en poudre à livrer à Renteria j'aventure pour la troisième fois mes roues en Ibérie. Dix heures et demi. Passage de la Bidassoa! Je me gare dans le parking de la douane et, documents en main, je pars à la recherche de mon transitaire. Ou le trouver dans la pagaille créée par les chauffeurs, les commissionnaires, les douaniers...
        Je finis par le dénicher, un grand hidalgo brun de poil, de peau et de regard. Qui m'arrache presque les papiers des mains et, comme je ne bouge pas, me demande grossièrement: « Vous attendez quoi? » « Il y en a pour longtemps? » « Ne me cassez pas les pieds! Je n'en sais rien! Ca dépend des banques et de la douane ». Et un peu aussi de la diligence du transitaire! Aimable personnage!
        A vingt heures, pas de nouvelles! J'enrage. Depuis ce matin, ce diable d'ibère n'a pas réussi à dédouaner alors que mon client est à peine à quelques kilomètres! En bavardant avec un collègue espagnol, j'allais comprendre pourquoi je subissais la mauvaise humeur du senior Lopez.
        « Il n'est pas toujours comme ça. C'est à cause de sa femme ». « Sa femme? » « Je t'explique: Lopez est né du côté de Barcelone. c'est un catalan pur sang. Son épouse est native de San Sébastian, une basque convaincue... D'ou, parfois, quelques tensions dans le couple! Surtout en période électorale... Se sont les tiers qui en font les frais... Faut pas lui en vouloir! »
        Je ne partirai que le lendemain. Sans un mot d'excuse. Il paraît qu'il y a des élections a venir au ''Pais Vasco''. (Pays Basque). Mauvaise humeur ''élective'' et sorcière espagnole étaient au rendez-vous!
        Au port du Havre diverses marchandises s'entassent dans ma semi, direction Wiesbaden.
        La ''Goldene Bremm'', frontière franco-allemande!** Les douaniers y sont tous plutôt aimables. Tous? Non pas! Hans Stein fait figure d'épouvantail. Les allemands l'ont surnommé ''Le Kaiser'' et les français ''Père la Rogne'' (Il s'agit là des deux surnoms les plus anodins)
        Grand, la panse du buveur de bière, la nuque rasée, cheveux en brosse courte et yeux bleus, il a le visage d'un Torquémada teuton ignorant le sourire. Il est suffisement gradé pour que son action retarde où accélère le temps de transit des camions!
        J'ai eu à faire à lui et, comme beaucoup, je n'en garde pas un bon souvenir! Interminables vérifications de documents, attentes injustifiées, fouilles sans objets... etc, etc!
        Comble d'hypocrisie il parle le français avec un épais accent germanique, tout en prenant bien soin de faire croire qu'il l'ignore. C'est, comme on le voit, un homme tout à fait charmant et de bonne compagnie, à éviter le plus possible!
        La petite ville de Sarrebruck mérite une visite. Ruelles de la vieille ville et place St. Johann sont touristiquement à voir. Si je le peux je vais y faire quelques achats les prix étant attractifs.
        Il est quinze heures! Je suis en train de flâner quand, devant moi, j'aperçois la silhouette du ''Kaiser''. Quel démon, ce jour-là, m'incita à le suivre? Marchant d'un pas raide et militaire, il bouscule des passants sans un mot d'excuse.
        Arrivé à la périphérie de la ville, il entre dans un grand parc arboré. Au dessus des imposantes grilles d'entrée ouvertes un bandeau indique: ''Genesungsheim fur kranke kinder'' (Maison de repos pour enfants malades)
        La curiosité me pousse. Une légère hésitation. J'entre à mon tour, fais quelques pas et, au détour d'un massif de fleurs, je découvre un grand bac à sable, des gosses qui jouent en poussant des cris, le ''Kaiser'' assis au milieu d'eux! Il me faut quelques secondes avant de réaliser que tous ces enfants sont trisomiques!
        Le ''Kaiser'' lève les yeux, son visage ne marque aucun sentiments, aucune surprise: « Buisque tu es là, fiens aider! ». Pendant deux heures, jusqu'à ce qu'une infirmière vienne chercher les enfants pour le goûter, nous allons jouer et les amuser! Je remarque que, quand elle caresse leurs cheveux, la main teutone se fait douce!
        Nous sortons du parc. Le regard froid se pose sur moi: « Zi chamais tu ragondes za à quelqu'un, tu meddras beaucoup de temps afant de basser la frondière... Verstanden? » (Compris?) Il se détourne et s'éloigne sans autres commentaires!
       Non! Les routes des transporteurs ne sont pas toutes construites en pavés dorés...


*Voir ''Ballade Espagnole''

**Voir ''Gut Morgen''

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Commenter cet article

Caro 28/06/2009 22:47

Effectivement, les rencontres ne sont pas toujours toutes merveilleuses...surtout quand on doit subir les humeurs de certains!
Biz du Pays d'Auge
Caro

rsylvie 08/11/2008 22:55

beausoir alain
et bien,,,, quand le loup de la bergerie est doux et tendre comme un agneau.
une belle rencontre.
douce nuitée à toi

rsylvie 07/11/2008 18:09

pst,,,,,, dans l'61 tu es taggé !

jill.C 07/11/2008 07:38

J'espère qu'il n'a pas internet ton Kaiser ! parce que sinon t'es pas prêt de la passer cette frontière la prochaine fois !
Amitiés :-)

planeth 02/11/2008 20:07

Tu ne peux pas t'en empêcher hein, laisser croire que ce type était si mauvais c'était juste pas possible! Romantique va (mais on aime ça ;0))