LA VACHE ET...LE ROUTIER!

Publié le par Alain

La vie en rose!

       Pour pouvoir continuer à amener Paolo et Giuseppe au San-Siro, j'ai décidé de m'offrir une nouvelle voiture! Profitant de quelques jours de repos j'ai donc fait le tour des concessionnaires de Milan. Et également le tour de mes économies! Le premier fut nettement plus long que le deuxième...
      Dimanche soir. Paolo et moi sommes sur le départ. Giuseppe est venu nous souhaiter bonne route... Je me décide: « Giuseppe, achète-moi une Cinquecento! » « Che colore? » « Bleue, verte! N'importe, pas trop voyante... Pas de rouge! »...
       L'Italie du nord est le siège d'un phénomène météo particulier: il y règne parfois un brouillard incroyablement dense surtout dans la plaine du Pô. Lors de mon premier voyage en Italie la conjonction de cette ''purée de pois'' et d'un routier irascible me fit prendre une sacrée leçon d'italien!
      Après avoir quitté la douane de Modane j'avais rejoins l'autoroute Turin-Milan. Nuit tombante, je me heurtais à un véritable mur de ouate blanche! Visibilité r
éduite brutalement à dix mètres maximum, j'allume tous mes feux, réduis ma vitesse à trente à l'heure et me colle contre la bande blanche de droite! (Quand elle y est!)
      La brume est moins dense sous les ponts, c'est une chance pour l'inconscient qui stationne, presque sans lumières, sous l'un d'eux! Je l'aperçois au dernier moment! Même en freinant au maxi je ne l'évite qu'en me jetant à gauche sous le nez d'un camion qui allait me doubler... Heureusement que l'autoroute est à trois voies!
     Je stoppe, descends de la cabine les jambes tremblantes! Le rou
tier italien s'arrête aussi, c'est un colosse qui vient vers moi en disant: « Hé! le Français... »...
      Il remarque alors la voiture sous le pont, comprends, s'interrompt puis s'avance vers l'imprudent adossé à son auto. Je le suis, craignant une rixe... Mais penché vers le conducteur recroquevillé, il lui offre un splendide bouquet d'insultes... Des plus anodines: « Asino, idiota... » jusqu'à d'autres (que je ne saurais écrire ici!) qui, par exemple, invitent l'homme a aller ''tourister'' en Gréce! Pour finir, en partant, la fourchette de l'index et de l'auriculaire de la main gauche: « Cornuto! ». Ainsi se parle (en partie...) la ''lingua sorella maggiore!'' (la langue soeur aîné!)
      Dans un restaurant à l'entrée de Mantova quatre routiers viennent de finir de souper. Ils doivent vider leurs camions demain matin à l'usine Montedis
on. Nuit de repos prévue! Paolo qui y est déjà venu nous a promis de nous conduire au parking de l'usine en moins de dix minutes!
      Six heures! Nous constatons, un peu inquiets, que le brouillard est très épais, nous distinguons à peine l'entrée du relais! Pendant que nous prenons nos cafés, Paolo nous rassure: « Nessuno préocupazioni, conesco bene la strada! (Pas de soucis! Je connais bien la route!), je vous conduirais direct à la ''Monté'' »
      Du coup, nous nous permettons un deuxième café. Le convoi s'organise: Paolo en tête, moi juste derrière, nos deux collègues suivent, chacun ayant les yeux fixés sur les feux du véhicule qui le précède! Après environ deux kilomètres sur le bitume il me semble que le bruit des pneus sur le sol a changé. Effectivement je ne voi
s plus d'asphalte mais un chemin de terre et de pierres. Comme mon copain continue à rouler, nous suivons de confiance. La visibilité ne s'améliore pas! Le chemin se rétrécit, j'en distingue les deux cotés.
      A petite vitesse nous contournons par la gauche une grange en ruine! Le chemin est de plus en plus étroit. Paolo marque un temps d'arrêt. Il y a, chez les suiveurs, comme une incertitude... Nous roulons (au ralenti) depuis plus d'une demi-heure! Notre guide repart... Le chemin est maintenant juste assez large pour nos camions. On distingue de chaque cotés des piquets de bois reliés par des fils-de-fer... Entre des ornières peu profondes, une bande d'herbes folles.
     Soudain il n'y a même plus de chemin. J'ai l'impression que nous roulons dans un champ. Le sol reste solide sous nos roues. Je suis pas mal inquiet, dans quel guêpier Paolo nous a-t-il conduit? Et le brouillard s'illumine, des halos rougeâtres de lampadaires éclairent un parking ou stationnent quelques camions. Une ultime ornière, nous voil
à sur le bitume strié de bandes de peinture blanche.
     Documents en main nous nous rendons auprès du gardien en félicitant Paolo! « Bravo! il fallait bien connaître le chemin... » En attendant de pouvoir entrer dans l'usine je dis à mon ami: « Un instant j'ai cru que tu étais perdu! » Un silence puis: « Tu jures de rien dire? » « Juré! » « Quand je me suis arrêté à la grange, j'étais perdu... » « Alors?... » « Il y avait une vache sur le chemin. Je l'ai suivie... elle m'a guidée, elle savait ou aller! ». Sans commentaires!
     Samedi matin à Monza. Giuseppe m'appelle: « Alain j'ai acheté ta voiture!
»
Il se dirige vers le garage, Paolo et moi dans son sillage, ouvre les portes: « Ecco! » Je me trouves nez à nez avec avec une splendide ''Cinquecento'' rutilante, pare-chocs et chromes luisants... Mais couleur rose lilas... « Giuseppe! la couleur... » Paolo se retient pour ne pas rire. « Ma! lei ha detto: non rosso! » (Mais tu as dit: pas de rouge!)  
     Je me résigne: « Finalmente Paolo ha seguito la vacca, ed io vado via condurra il maïale... » (Finalement Paolo a suivi la vache et moi je vais conduire un cochon!).

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Commenter cet article

Caro 28/06/2009 21:52

Une vache ancêtre du GPS?
Et une jolie voiture rose?
Tu seras vraiment passé par beaucoup de péripéties!
Biz du Pays d'Auge
Caro

kty 11/09/2008 21:53

on dirait un gros chamallow !

rsylvie 08/07/2008 09:45

beaujour alain
et bien, bien sérieux chez bernadette..; mais tout à fait en accord avec vous, quand je pense qu'ils ont eu le toupet de nous affirmer au moment de charnobile que le nuage ne passerait pas notre frontière.. nous prennent pour des quiches !

alors, toujours la vie en rose ?

Deborah 07/07/2008 17:48

Une nouvelle semaine commence... Je te la souhaite excellente! :o)
Bises
Deborah

Laurence 06/07/2008 23:16

Dommage que tu n'aies pas pu venir à Hérisson!...C'était assez "insolite" mais merci pour ta fidélité. Ça y est je suis rentrée et je vais pouvoir re"visiter" mes amis