Vendredi 30 octobre 2009

PROVISOIREMENT...

 

                    Bon, ben, voilà! Je vais clore momentanément mes deux blogs! Mes ''Farfeluseries'', car ces écrits n'intéressent personne! Pour ce qui est de s'attaquer à l'actualité et aux ''affreux'' qui nous gouvernent, Crabillou le fait de façon parfaite! Pas besoin de moi!

                  Mes ''Souvenirs de routier'' parce que, si j'avais encore quelques petites histoires à raconter, je n'ai plus envie des les écrire. J'ai essayé mais je n'y arrive plus. Quand je me mettais à mon ordinateur, Gibson venait s'allonger entre mes jambes et, quand je cherchais un mot, une tournure de phrase, je lui faisais une caresse sur sa bonne tête!

                 Alors il me regardait de ses yeux bleus avec l'air de dire: « Je ne sais pas ce que tu fais mais j'aime bien les gratouillis entre mes oreilles! Continue, moi je me rendors... ». Et le monde était paisible!

               Je ne peux plus... Cette absence est devenue... je ne trouve pas les mots! Je continuerai à aller vous lire, car abandonner mes amis, qui ont eu de si gentilles phrases au moment ou les choses étaient très dures, serait faire montre d'une ingratitude noire qui n'est pas dans mon caractère!

              Je reviendrai quand le moral se sera stabilisé!

              Avec mes amitiés à vous tous... Le Routier reviendra, si le Destin lui prête vie!

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires - Recommander
Jeudi 15 octobre 2009

Il n'y a pas d'eau dans le gaz!

 

                                A vingt-quatre ans Fabien était persuadé de faire le meilleur métier du monde dans la plus belle région du monde!

                                Typiquement méridional, grand, mince, brun, ce niçois avait, aux dires de la secrétaire de son patron: « Les plus beaux yeux noirs de la Côte... ».

                                A Draguignan, aux Transports G..., Fabien trouva le job idéal! Livrer du gaz propane en citerne! Var, Alpes Maritimes, Basses-Alpes, il pouvait travailler dans sa région, au grand air et sans fatigue excessive! Il compensait le risque éventuel d'explosion par une prudence due au respect profond qu'il éprouvait pour sa personne!

                               Depuis deux ans Fabien remplissait les cuves de dix à douze clients par jour. Tournées à peu près régulières. Gai, souriant, serviable, il était devenu l'ami de la plupart de ses clients.

                              Les cuves de gaz sont généralement implantées à distance des habitations, dissimulées par des haies. Celle du Colonel Summer-Welch ne faisait pas exception.

La première livraison chez le Colonel, à Juan-les-Pins, fut un brin folklorique. Au coup de sonnette deux magnifiques Tosa-inu, museaux noirs et pelages de feu, s'approchèrent de la porte grillagée, sans montrer de signes d'agressivité.

                             « Gauche, Droite! Come here! (Ici!) ». L'homme qui vient de parler est grand, sec, chauve et arbore, sur un visage un rien couperosé, une moustache blanche fournie dont la forme fut mise à la mode dans l'armée britannique durant la conquête des Indes!

                            « What do you want, soldier? » (Que désirez-vous, soldat?) Comme certains niçois habitués aux touristes, Fabien maitrise la langue de Shakespeare: « I come to deliver you the gas propane, Sir! » (Je viens vous livrer le propane, Monsieur!)

                           « Well! Entrez! Appelez-moi Colonel! N'ayez pas peur! Gauche et Droite sont de ''nice goods dogs'' ( des chiens gentils ). Quand je vous aurais présenté ils joueront volontiers avec vous! »... Fabien fut reniflé des pieds à la tête, suivit, épié, durant toute la livraison... qui se termina, comme l'avait prévu le Colonel, par une partie de ''rapporte le bâton'' qui laissa les chiens fatigués et le livreur en sueur!

                         Au fil des mois Fabien effectua plusieurs livraisons chez le Colonel. A chaque passage, Gauche et Droite l'accueillaient avec forces démonstrations de joie. Entre l'homme et les chiens se tissaient de véritables liens.

                        « These pooches adopted you! (Ces cabots vous ont adoptés...) », pendant que la cuve de gaz se remplissait, l'ancien militaire venait bavarder, égrenant des anecdotes liées à son métier militaire... « Gauche et Droite? C'est en souvenir d'un adjudant français de la Légion, pour ses jeunes recrues c'était le principal de sa conversation...! »

                         Sauf si le cuve est accessible à partir de voies publiques les chauffeurs ne doivent pas pénétrer dans les propriétés en l'absence d'habitants! Mais quand, le temps aidant, la confiance s'est établie entre clients et livreurs cette consigne est parfois oubliée...

                        Le Colonel avait toujours été présent quand Fabien livrait. Ce jour de Juillet pourtant, à midi, le coup de sonnette n'attira que Gauche et Droite. Queues frétillantes, jappant, sautant les deux chiens accueillirent leur ami avec moult démonstrations de joie!

                        La décision fut rapide! Passer le tuyau de remplissage à travers la clôture, ouvrir le portail, entrer, refermer, quelques caresses aux chiens, tirer et brancher le tuyau à la cuve, tout cela ne prit que deux minutes! Les choses se gâtèrent quand Fabien voulut aller au camion pour mettre la pompe en route!

                       Arrivé au portail il ne trouva pas des chiens amicaux mais deux mâtins grognant, babines retroussées sur des canines menaçantes... Impossible de sortir! Dès qu'il s'éloignait de la porte, Droite et Gauche redevenaient les molosses gentils habituels...

                      Quand le Colonel revint vers dix-sept heures, il trouva un livreur résigné, assis sur le perron, encadré par deux chiens câlins, toutes langues dehors!

                « Fabien! By God! I had forgotten to warn you! (J'avais oublié de vous prévenir!)... » « Me prévenir de quoi, Colonel? » « Mes chiens sont dressés pour ne laisser sortir personne quand je ne suis pas là! On fait comme ça dans le Sussex! » Un sourire étire sa moustache: « Empêcher le cambrioleur d'entrer, c'est bien! L'empêcher de sortir c'est mieux! La police peut l'arrêter... ». Typiquement britannique!

                     « Allez! Venez mon garçon... Je vous offre le thé... avec un doigt de whisky!... » Il est vingt heures quand Fabien range le camion au parking, Monsieur G..., blouse grise et béret noir, est là: « La journée a été bonne? ». Il est surpris de voir son chauffeur éclater de rire et de s'entendre répondre: « No comments! Patron, no comments! ».

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Mercredi 7 octobre 2009

In mémoriam!

 

                               Après mon dernier billet, je n'avais, ces jours-ci, aucune envie d'ouvrir mon ordinateur. Mon fils l'a fait pour moi, a lu vos commentaires! Et il a ajouté: « Tes amis sur le Net, c'est des gens biens... ».

                              Alors je suis allé lire! MERCI, MERCI à tous d'avoir compris mon affliction et d'avoir pris le temps de venir me le dire! Vos paroles de réconfort ont agi comme un baume apaisant sur une plaie à vif! La plaie est toujours là mais la souffrance est moins vive.

                              Aujourd'hui il n'y a qu'une alternative: sombrer dans la dépression où regarder le malheur tête haute! Je n'aime pas baisser les yeux. Je vais rouvrir mes carnets de souvenirs et reprendre mes petits récits. Juste encore un peu de temps!

                             Le temps de me convaincre que mon chien m'attend là-haut en courant dans ''les vertes prairies'' et que je le retrouverai!

                             Je voudrais pourtant vous demander quelque chose, si vous avez parfois quelques secondes à perdre ayez une pensée pour mon Gibson, mon bon gros chien aux yeux bleus. Seuls meurent vraiment ceux à qui l'on ne pense plus!

A tous: ''à bientôt''!...

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Samedi 26 septembre 2009

« NOUS REVERRONS UN JOUR OU L'AUTRE... »

 

                                  Ce matin j'ai perdu mon chien! Gibson est mort. Il avait un cancer de la vessie mais je n'en savais rien. Hier soir il s'est mis à souffrir, et l'opération tentée ce matin par le vétérinaire a échouée.

                                   Il est des êtres (hommes où animaux) qui naissent avec la poisse accrochée à leur peau comme une teigne! Vous savez comment je l'ai adopté!

                          Martyrisé par son premier maître, recueillit à la SPA par ma fille, il est venu chez moi car ma fille, divorcée, ne pouvait plus le garder et je ne voulais pas qu'il retourne en prison...

                                  J'ai fait tout ce que j'ai pu pour le rendre heureux, mais le destin a été implacable. J'ai perdu un être que j'aimais! Je n'ai qu'une consolation, il est parti dans son sommeil!

                               Je vais vous quitter pour quelques temps car je n'ai pas le coeur à écrire...

Amitiés à vous tous!

 

 

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Samedi 5 septembre 2009















Le courrier du coeur...


                   « Gilbert! Gilbert... une lettre d'Italie pour vous! » La patronne, une petite femme potelée aux cheveux roux, agite à bout de bras une enveloppe bleue...

                               « Merci Madame! » Gilbert regarde d'un air incertain l'enveloppe au timbre étranger et l'en-tête : « Comitato Sociale Operaio (Comité Social Ouvrier) Fabbrica XXX Rimini. E.R. (Emilie Romagne).

                                Il retourne la lettre entre ses mains partagé entre l'envie de l'ouvrir et la peur d'y lire des nouvelles qu'il redoute. Il s'appuie contre son camion, le contact de son dos avec son ''ami'' semble le rassurer. Il ferme les yeux, les souvenirs affluent...

                                ...Le camion vert pénètre dans l'usine XXX à Rimini. C'est la troisième fois que Gilbert vient dans cette fabrique. Il se range avec soin au quai de chargement. Maintenant attendre! Les ouvriers ne sont pas vraiment des rapides! En habitué Gilbert se dirige vers le local de repos.

                                 Dans la pièce le gros Roberto, à la fois chef de quai et délégué syndical, assis derrière son bureau, déguste un café. « B'giorno Roberto! Come va? » « Bene, grazie! Saluti Francese! ».

                                 Une ''lire'' dans le distributeur et, café en main, Gilbert, distraitement, se met à lire les notes et les annonces épinglées au tableau de service. Façon pour lui de tromper l'attente et d'étoffer son vocabulaire!

                                 ''Attenzione ai tagli di elettricita....'' (Attention aux coupures d'électricité...), ''I ritardi seranno contati...'' (Les retards seront comptés...). Avis et notices se succèdent. Un intitulé plus grand que les autres attire son regard: ''Aiutateci a salvare Sophia...'' (Aidez-nous à sauver Sophia...'').

                                  C'est un appel du syndicat à des dons pour que la fillette d'un ouvrier puisse aller se faire opérer au Canada! « Roberto! Cette note est toujours valable? » « Si! » « C'est très grave ce qu'elle a la gamine? » « Assez oui! Le coeur! Une histoire d'artères mal fichues! ».

                                 Trois billets de cent lires, autant dire rien, dans le portefeuille. Dans la sacoche deux coupures de dix mille lires. Gilbert les tend au gros syndicaliste dont la surprise se lit sur le visage: « Tu donnes tout? »...


                    ...Le stade Armandie à Agen. Sur un terrain annexe deux gamins de dix-onze ans courent en se passant un ballon ovale. « Gilbert à moi!... » « Reste derrière Victor... » L'entraîneur les appelle: « Venez les gosses on va former les équipes! »...

                                Quelques adultes sont venus voir ''les petits''. Acharnée la partie... Un gamin s'échappe, distance ses poursuivants, trébuche, tombe, lâche le ballon... « Vite! Victor! Lève-toi... » Des spectateurs accourent... Victor ne se lèvera pas!

                                Le lendemain dans la cour de l'école Gilbert demande à un grand: « Qu'est-ce qu'il a eu Victor? » Le grand a l'air triste: « C'est son coeur qui a lâché. Il était déjà malade parait-il! »...

                               

                               ...Les palettes se rangent dans la semi. Gilbert surveille d'un oeil distrait. «Scusate! », un ouvrier en bleu, grand, visage avenant. « Je voudrais vous remercier... Sono Decio, il padre de Sophia! Roberto a dit! Vous avez fait beaucoup! » « Peut-être! Oui? Non? Je ne sais pas... »

                                Embarrassé Gilbert! Il décide de changer de conversation: « L'opération est pour quand? » « Dès l'accord du Canada! Nous avons de quoi envoyer la petite! » « Seule? » « Pour le moment... Sa mère ira sitôt que possible! » « De bonnes chances de guérison? » « Les médecins ont dit quarante pour cent! » « Ca va être dur pour la gamine! » « Elle est courageuse. »

                                Decio sort une photo: « Regardez! » Le cliché montre une fillette brune, souriante, avec de grands yeux noirs. Mais l'image fait ressortir la peau trop blanche, presque diaphane. Une onde de compassion envahi Gilbert. Il ''faut'' que l'enfant guérisse!...

                                ...Une ultime fois il retourne la lettre, puis d'un mouvement incertain ouvre l'enveloppe! Un petit objet en tombe; une jolie chaîne ou s'accroche un coeur, puis un petit mot en français maladroit: ''Opération l'a réussite. Guérie est la bambina. Juste besoin de repos encore un peu. Tout être bien. Decio et sa femme dirent avoir plaisir si venir les voir! Avec beaucoup de merci. Roberto.''

                                  Gilbert fourre la lettre dans sa poche. D'un geste lent, délibéré il accroche la chaîne à son cou en caressant le petit coeur avec le pouce! Il ferme les yeux un instant en souriant...

                                   Le stade Armandie à Agen. Sur un terrain annexe deux gamins de dix-onze ans courent en se passant un ballon ovale...

 

 

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 19 commentaires - Recommander
Mardi 1 septembre 2009
 











J'ai dit curieux? Moi? Comme c'est bizarre!

 

                   Durant trois ans je fus, au collège de la Ferté-Macé, le copain de Joseph. Ses condisciples, tous normands de bonne souche, l'avaient baptisé ''pirotte'', surnom que les paysans du cru donnent à l'oie femelle qui, d'après eux, est l'animal le plus fouineur de la ferme.

                  Pirotte était d'une curiosité insatiable. Non une curiosité malsaine, mais le désir irrépressible de tout savoir avant tout le monde! Pas une porte fermée qu'il ne voulut ouvrir, pas une conversation privée qu'il ne voulut écouter...

                  Je fus envoyé au collège de Dol-de-Bretagne et Pirotte devint un souvenir. Le hasard nous mit face à face dans un bureau de douane: « Alain! Tu es routier aussi? Que deviens-tu? Ou habites-tu? Tu es marié? Tu as des enfants? Allez! Dis moi!... ». En dépit des années, Pirotte n'avait pas changé!...

                   L'hiver 1962-63 fut remarquable pour deux raisons. Le froid fut particulièrement rigoureux. Les apparitions d'ovnis se multiplièrent.

                   De Dunkerque à Biarritz, en de nombreux endroits la côte était prise par les glaces.

                   Le mois de Février ne facilita pas le travail des routiers. Peu importe la météo: les marchés, les magasins, les usines ont besoin d'être livrés. Voilà pourquoi les camions, malgré le froid, le verglas, les congères tentent de passer malgré tout!

                  Entre Narbonne et Carcassonne, je galère sur la N.113. Intempéries toute la journée, des chutes de neige dignes de la haute montagne. Vers dix-huit heures devant moi deux camions stoppés.

                 Un embranchement! La route de Narbonne n'est plus visible. Sur la droite, amorçant une légère descente une petite voie encaissée se devine encore! Elle doit desservir un village dont les fumées s'aperçoivent au-delà d'un rideau d'arbres noirs et dépouillés... Dégagé, un panneau indique: MOUX 1Km

                 Progressivement d'autres bahuts arrivent, la file s'allonge... Nous sommes bientôt une trentaine, perplexes. Que faire? La radio ne nous est d'aucun secours; elle annonce seulement que la tempête pourrait bien durer toute la nuit!

                 Pour en savoir plus trois courageux décident, malgré la neige et le froid, de se rendre au village. « Je suis curieux de savoir ce qu'ils vont apprendre! ». Un seul homme peut parler comme ça! « Pirote! » « Oui! Dire que je croyais qu'il faisait toujours beau dans le sud! En atendis q'va falliau s'en débétiller... » (En attendant faudra s'en débrouiller.)*...

                  Un bruit poussif de moteur. Un tracteur tirant une remorque nous ramène nos trois émissaires! Pas très bonnes les nouvelles: « Au mieux la route ne sera pas dégagée avant demain dans l'après-midi! Le maire a fait ouvrir une salle communale pour la nuit. La cantine de l'école peut fournir des repas chauds! Ceux qui le veulent peuvent descendre avec le tracteur! »

                   Pirote déclare: « Oû bouot le bouot! (A la grâce de Dieu!)* Tu viens? » « Non! J'ai mon webasto,** tout ce qu'il faut pour manger et pour le café! On verra demain. » En fait je n'aime pas laisser mon camion seul!...

                  Au matin Pirote me réveille. La neige a cessée de tomber, il règne un petit jour grisâtre! Coté route c'est le statu-quo.

                  « Je vais aller au village. Il faut que je préviennes le Vieux! » « D'accord, je reste avec les camions... Dis donc, c'est quoi ce truc là? » Il me montre, à cent où cent-cinquante mètres sur ce qui aurait du être la route, une tige d'aspect métallique qui sort de la neige.

                  « Sais pas, on dirait l'antenne radio d'une voiture abandonnée!... Bon! Je descends téléphoner, à tout de suite. » « Pendant ce temps j'irai voir ce... cette chose! ». Curiosité quand tu nous tiens!

                   A Moux, au bout du fil Papé Blanchot me confirme: « Presque tous les bahuts de la boite sont bloqués... ». Deux heures plus tard je suis de retour.

                  Surprise! Je retrouve Pirotte affalé sur le marche-pied de mon camion, les yeux dans le vague, une énorme bosse sur le front! « Qu'est-ce qui c'est passé? » Il a un geste flou en direction de l'antenne: « Je suis allé là-bas, » « Alors? » « Y avait un renflement sous la tige. J'ai voulu savoir, j'ai creusé... J'ai trouvé une espèce de vitre, lisse, noire! C'était pas une voiture... » Il s'interrompt songeur! « Me suis appuyé contre pour mieux voir... et je suis passé à travers! ».

                   « Je me suis retrouvé assis dans une grande salle sombre, presque sans lumière! Des ombres bougeaient, avec des sons insolites. J'ai eu la frousse, une voix a dit: ''n'ayez pas peur!''. En me levant brusquement, mon front a heurté avec force je ne sais quoi! Après! Sais plus... Me suis réveillé ici! ». Je rigole: « Mon bon Pirotte, tu étais fatigué, tu t'es endormi, tu as rêvé et tu t'es cogné en glissant! »

                  Je me tourne vers l'antenne. Elle a disparue... mais la trace des pas de Pirotte est bien visible dans la neige... La trace du trajet, la trace de l'aller... une trace bien nette... une trace UNIQUE!

 

*Patois normand.

**Chauffage indépendant du moteur monté en série sur les Magirus.

 

 

 

 

 

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Lundi 22 juin 2009
    

Lerchernauer See

 

                          La plaine du Pô, entre Boretto et Brescello. Une grosse villa, un cube de couleur ocre jaune, deux étages sous un toit à quatre pentes, typique de la Reggio Emilia.

                         Dans un salon, au premier étage, une fenêtre ouverte. Un gamin de quatre ou cinq ans debout sur le rebord tient à la main un immense parapluie noir ouvert! Une jeune femme entre dans la pièce: « Umberto!  Nooo! » Trop tard! Gamin et parapluie viennent de disparaître....

                         Un parapluie n'est pas un parachute. L'atterrissage dans les épines d'un buisson de roses fut brutal et douloureux. Umberto en resta marqué dans sa chair et dans son esprit!...

                         Les routiers sont rarement gens craintifs. Ils savent, quand il le faut, agir sans barguigner! Umberto a des copains, des collègues, pas d'amis. C'est pourtant un garçon honnête, sympathique, serviable, bon chauffeur, mais son caractère pusillanime rebute les plus compréhensifs! Il craint le danger et, réminiscence du passé, se dérobe systématiquement devant les risques...

                        Mois d'Octobre! La barrière de la douane d'Aachen se lève, le gros Mack noir et jaune pointe son nez carré sur l'autobanh de Kôln. Umberto adresse un geste de remerciement au douanier!

                        « Bene Scarpa! Andiamo... » (Bien Chaussure... Allons-y...) Ces paroles s'adressent a l'occupant le deuxième siège: un chien marron et blanc, gentil bâtard à poils ras de trois ou quatre ans.

                        L'homme et l'animal se rencontrèrent sur le terre-plein en bord de mer qui, à San-Rémo, sert de parking pour la douane! Umberto finissait un ''panino con prosciutto'' et, d'un geste machinal, lança le dernier morceau du sandwich au toutou qui se trouvait là! Morceau attrapé au vol, avalé tout rond.

                       Portière ouverte, en deux bonds comme s'il eut toujours fait cela, Scarpa s'installa sur la couchette Depuis deux ans il s'y trouve bien!

                       L'autoroute étire son long ruban monotone! Quatorze heures de route jusqu'à Munich! « On n'est pas encore arrivé, mon vieux Scarpa... Et en plus il fait un temps de chien... » Sourire: « Oups! Je ne voulais pas dire ça... » Quand Umberto parle le regard du chien se fait attentif. Oreilles dressées, penchant sa bonne tête sur le coté, à droite puis à gauche il semble dire:  « Je ne comprends pas ce que tu dis, tant pis, pour moi l'important c'est ta voix! »....

                      « Drei tage starker kalte und unser kran im schadem ist! » (Trois jours de grand froid et notre grue est en panne!) Le client est désolé. « Vous devrez attendre jusqu'à demain... »

Lassallestrasse, une voie bordée par un grand parking qui longe le lac de Lerchernauer See. Un lieu de promenade et de pique-nique très prisé en été mais un peu isolé l'hiver! Idéal pour laisser Scarpa se dérouiller les pattes!

                      Les mains dans les poches de son blouson, le col relevé, Umberto déambule, paisible avec son chien qui court et lève la patte à chaque troncs d'arbres, à chaque buissons! Le paysage est plaisant! Le lac, presque entièrement pris par la glace, ne garde qu'une mince bande d'eau libre dans son milieu. Quelques canards s'y ébattent encore. L'un d'eux s'est même aventuré près de la rive... Cette boule de plumes qui se dandine sous son nez est irrésistible pour Scarpa!

                      Le canard, claudiquant aussi vite qu'il le peut, tente de rejoindre l'eau libre poursuivit par le chien qu'Umberto appelle en vain. Près de la terre la glace est épaisse mais va en s'amincissant vers l'eau libre... sous le poids du chien la mince couche cède, avec un aboie craintif Scarpa disparaît dans l'eau glacée!

                      Affolé le routier cherche des yeux une aide possible: « Aïuto!... Hat die Hilfe!.. » (A l'aide... au secours!) Personne ne réponds a ses cris... Là-bas le chien s'accroche à la glace et gémit doucement! Alors Umberto, ce dégonflé, ce peureux, ce couard qui n'a jamais pris un risque depuis son saut en parapluie, se lance sur la glace!

                      Celle-ci oscille comme un radeau mal arrimé. Pour mieux répartir son poids le maître de Scarpa s'allonge et, s'aidant des pieds et des mains, commence une lente progression vers le chien! Petit à petit, malgré les craquements sinistres qui se font entendre, il approche de l'animal frigorifié qui n'a même plus la force de gémir!

                     Quelques centimètres, encore un peu... un peu. Le sauveteur tend la main, attrape le collier, tente de tirer! Le chien, lourd, sans forces, est un poids mort!. Mal placé Umberto ne peut faire d'efforts... Alors il reste là, immobile, soutenant son chien. Il sent le froid saisir sa poitrine, sa main s'engourdir, ses doigts se tétaniser... Il ne lâche pas...

                     Les yeux fermés, tout à sa lutte il n'a pas entendu la sirène des pompiers alertés par des passants. Un canot pneumatique, des mains qui l'empoignent lui et le chien... De retour à terre, réchauffé, Umberto serre contre lui Scarpa encore frissonnant!

                    Un pompier s'adresse à lui: « Vous êtes fou d'avoir risqué votre vie pour sauver un chien! » Umberto le regarde et dans son allemand primaire répond: « Nicht ein hund sein... kein hund... Das ist MEIN hund! » (Pas être un chien... pas un chien... C'est MON chien! »

 

 

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires - Recommander
Lundi 8 juin 2009


Petits portraits!

 

                          Au fil de mes voyages, le temps a déposé les alluvions de l'amitié au long des routes d'Europe. Des amis aussi sincères que différents.

                         Mes voyages en Ibérie se placèrent systématiquement sous le signe de la ''poisse espagnole''!*. Je n'ai jamais fait un trajet dans ce pays sans qu'il ne m'arriva un pépin quelconque!

                        Destination Puertollano! En parfait malchanceux, je me perds dès la sortie de Barcelone! Journée de galère dans une chaleur torride sous le ''regard ironique'' des moulins de la Mancha par des routes abominables. Le réseau routier espagnol était, à cette époque, déplorable et très mal balisé!

                       A dix-neuf heures je retrouve enfin le bon chemin. Je suis épuisé. Un petit parking, une baraque en bois entourée d'arbres, une enseigne: ''Cantina''. J'ai soif, j'ai faim!.... stop!

                      Une fraîche salle basse, quelques tables, un homme corpulent, en tablier bleu, épaisse moustache noire, mal rasé, s'active derrière un long comptoir. Il salue mon entrée d'un retentissant: « Buenas tardés! Que quière? » (Bonsoir! Que voulez-vous?) N'ayant rien compris je réponds: « Bonjour... » Il fronce le sourcil qu'il a fourni: « Francés? » « Si! » Il appelle: « José! José! » Un gamin d'une quinzaine d'années apparaît : « Mi hijo!... habla un poco francès! » (Mon fils, il parle un peu français!). « Monsieur bonsoir! Vous vouloir désirer quoi? »... Avec son français approximatif ce jeune garçon, brun de peau et de poil, aux yeux noir, au grand sourire, est courtois et prévenant...

                      Les espagnols dînent tard! En grignotant des ''tapas'' avant le repas nous bavardons. Le français lui vient de sa mère née à Perpignan! Il m'initie à certaines coutumes de son pays, je lui parle des camions, des voyages, des différents pays visités... Je repars sur une cordiale poignée de main! Je promet de lui envoyer quelques cartes postales!

                   Je tiendrais parole! Une par mois en moyenne durant plusieurs années. Il m'en remerciera régulièrement. J'irai, en touriste, lui rendre plusieurs fois visite, je serai toujours accueilli en frère! Parfois je songe à l'ironie de la chose! Mon premier ''ami international'' est originaire du pays ou j'ai vécu le plus de péripéties désagréables!...

                    Papa Milezzoni, pour développer la société, avait pensé étendre nos activités à l'est! C'est vers la Pologne qu'il dirigea nos camions! Avec le transit par la RDA ce n'était pas des voyages agréables.

                    Peur, pauvreté... Impressions dominantes ressenties à la vue de la triste population qui se hâte devant des vitrines aux miteux produits factices! A notre passage les piétons baissent la tête, évitant soigneusement de nous regarder pour ne pas donner à penser qu'ils pourraient communiquer! On peut se retrouver en prison sur ce simple soupçon! La confiance n'est pas la qualité première des ''vopos'' (Volkspolizeï. Police Populaire) de RDA.

                    Passée la frontière le climat est moins lourd! La Pologne n'est pas riche mais sa population accueillante! Dans les rues les passants souriants n'hésitent pas à parler aux étrangers! Bien qu'omniprésente la Milice reste relativement discrète!

                   Pour mon premier voyage, j'hérite d'un entrepôt dans la banlieue de Warszawa (Varsovie!) Petit matin... Dans les rues, des gens qui se hâtent vers leur travail. Un uniforme! J'appelle: « Monsieur! Monsieur... » Le policier se retourne!...

                   Rencontrer Janek (Prononcer Iaaneke) c'est rencontrer King-Kong .Il est haut, large, impressionnant de musculature, le cheveux noir, court et dru sur une face carrée au menton volontaire bleu de barbe!.

                    « Vous français? Je peux aider? » Le grand sourire de cette force de la nature est bougrement sympathique! Le fait qu'il parle français renforce cette impression! Comme mon client, niché dans un dédale de petites rues, n'est pas facile à trouver, Jenek accepte de m'accompagner! Les ouvriers ne se précipitent pas vers mon camion: « Entreprise d'état, dit mon guide, camion vide en une heure où en une journée, eux payés pareil! »...

                      « J'ai travail, je reviendrais voir tout à l'heure! » Vers midi, alors que le déchargement n'a guère avancé, il est de retour. J'envisage le repas! « Ou trouver un restaurant? » « Au centre ville! Pas ici... » Il s'interrompt: « Pas loin j'habite, ma femme contente d'avoir un invité! Viens maison! »

                      Un petit logement dans un immeuble collectif. Une charmante jeune femme qui me reçoit avec un « Witaj Pan! Ciesze sie na towj wisita! » (Bonjour Monsieur! Je suis heureuse de votre visite!)

                      Pendant qu'elle s'affaire à préparer le repas, Janek me fait l'honneur d'un petit balcon joliment fleuri.« Seulement fleurs des champs! Ici pas beaucoup de graines et très chéres... En bas.. », il me montre les parkings, « c'est béton, pas d'herbe... ni fleurs! »...

                     Comment ne pas repartir avec le souvenir de cet accueil cordial? Six semaines plus tard je retourne à Varsovie. Le camion chez le client, je téléphone à Janek. Je lui apporte des semences, trois grands bacs plastiques et un pied de rosier! Devant ces modestes présents, il rayonne!

                     Son petit balcon s'orne maintenant de plantes et de couleurs! Et chez lui, jardinier doué, ou chez moi, qui n'ai pas la main verte, pousse avec constance et opiniâtreté, la belle et sincère fleur de l'amitié!

 

*Voir ''Ballade Espagnole''

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires - Recommander
Mercredi 20 mai 2009

Le fait du prince...

 

Dans notre beau pays crier à quelqu'un qu'on le voit c'est faire un '' tapage diurne troublant la tranquillité d'autrui '' Plus question dans les cours de récréation de jouer à cache-cache, ça pourrait coûter trop cher (100 euros) si une oreille flicarde et lèche-cul venait à passer par là!

Si on ne peut plus crier, on peut encore écrire! L'encre ne fait pas de bruit, donc pas de tapage. Mais, la sagesse populaire le dit: « Les paroles s'envolent, les écrits restent! ».

 

Derrière les usines délocalisées, Sarkosy je te vois!

Derrière les ouvriers méprisés et désespérés, Sarkosy je te vois!

Derrière trois millions de chômeurs, Sarkosy je te vois!

Derrière les retraités fouillant les poubelles pour manger, Sarkosy je te vois!

Derrière les médecins hospitaliers soumis à la rentabilité forcée, Sarkosy je te vois!

Derrière les chercheurs dévalués, Sarkosy je te vois!

Derrière les enseignants mésestimés, Sarkosy je te vois!

Derrière les C.R.S matraquant les sans-logis, Sarkosy je te vois!

Derrière les sans-papiers pourchassés comme des bêtes, Sarkosy je te vois!

Derrière les immigrés pas choisis expulsés comme vile marchandise, Sarkosy je te vois!

Derrière les banlieues à nettoyer au karcher, Sarkosy je te vois!

Derrière la grande distribution qui ruine les petits producteurs, Sarkosy je te vois!

Derrière la grande distribution qui abuse ses clients, Sarkosy je te vois!

Derrière le bouclier fiscal protégeant les plus riches, Sarkosy je te vois!

Derrière les lois ineptes votées par les valets de l'U.M.P, Sarkosy je te vois!

Derrière l'odeur fétide qui émane de ce gouvernement, Sarkosy je te vois!

Derrière la télévision lèche-bottes, Sarkosy je te vois!

Derrière le népotisme régnant, Sarkosy je te vois!

Derrière les chats-fourrés aux ordres, Sarkosy je te vois!

Derrière la France abaissée devant l'OTAN américain, Sarkosy je te vois!

Derrière l'impudence, l'orgueil, le dédain, la vanité, la gloriole, l'arrogance, le mensonge, la méchanceté, la vindicte, Sarkosy je te vois!

                      Derrière le peuple méprisé, Sarkosy je te vois!

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Lundi 18 mai 2009

Quand un ''ami'' disparaît...

 

                          Mercredi.Temps magnifique, la Dordogne resplendit sous le soleil de ce mois d'Octobre.... René, Williams et moi, ainsi qu'un autre chauffeur nous chargeons à la poudrerie nationale de Bergerac!

                        Ce beau temps est une bénédiction. Remplir nos camions de tonnelets de poudre noire est à priori sans danger car, en cas de flamme, la poudre brûle sans explosion! Mais, réflexe un peu idiot, nous préférons que le chargement se fasse en plein air!

                         Au moment de partir je déclare à mes collègues: « Je passe devant! Marseille n'est pas loin! Avec vous deux je n'ai pas envie de faire le voyage ''tout debout sur les pédales''! Commence à être trop vieux pour ça! ». René rigole: « Mais oui, digne vieillard, on te laissera le temps de boire ton café... » Le lendemain à huit heures le ''convoi'' pénètre sur le quai d'Arenc.

                         Le port de Marseille est parfaitement équipé en matériel de manutention. Le problème vient de ceux qui sont chargés de les mettre en oeuvre! Certains élévateurs, certaines grues sont conduits par un personnel docker, d'autres par les ouvriers des sociétés extérieures! Il en résulte parfois des tensions qui conduisent jusqu'à des mouvements de grève!

                        C'est le pépin que nous avons à avaler à notre arrivée... D'entrepôts en hangars des hommes en bleu de travail palabrent paisiblement ou ''tapent une petite belote''.

Les camions en attente sont le dernier de leur soucis! Personne ne peut nous dire quand prendra fin cette intense ''période de surmenage!''.

                       Pas question, avec nos chargements, de quitter les quais. « C'est la poisse, dit René, je n'ai pas envie de rester ici ce week-end! » « Montpellier n'est pas loin ajoute Williams. On trouvera bien un collègue pour nous ramener! ». « Prenons l'air accablé, plaisante René, la paupière triste ça marche! Regarde les cockers! » Il simule la fuite devant son copain!. « Ho! Hé! Non! J'ai pas dit dockers.  »...

                       Un jeune chauffeur qui rentre sur Narbonne accepte de nous rapatrier. On s'entasse à cinq dans l'étroite cabine de son douze tonnes. Arrêt souper au relais routier à Vergéze à deux pas de la source Perrier.

                       La salle est presque pleine. Brouhaha de conversations ponctuées de rires, dans un coin une télévision s'efforce de se faire entendre de quelques attentifs! Repas copieux comme toujours dans ce routier.

                      Mes copains bavardent en dégustant leur dessert. Je les écoute distraitement, à la télé un journaliste débite les nouvelles du jour... « ...nous venons d'apprendre le décès de Georges Brassens... ». J'ai, d'un coup, l'impression d'être plongé dans un bain glacial! Dans la salle personne ne semble avoir entendu. Une grosse boule s'installe au creux de mon estomac.

                     J'ai envie de crier: « Vous n'avez pas compris, Georges Brassens est mort! » Je quitte la table, regard interrogateur de mes amis: « Je reviens! ». J'ai besoin d'être seul. Je sors, sur le parking j'allume une cigarette.

                     Pourquoi cette tristesse? J'ai déjà vu disparaître des artistes célèbres: Fernandel, Luis Mariano d'autres encore... Je les ai regretté mais jamais avec cette intensité! Je comprends alors qu'ils n'étaient pas de ma génération, ils appartenaient au temps de mes parents. Mais Brassens c'est mon vécu, il appartient à mon univers!

                    Sa disparition me fait franchir une frontière, celle de l'âge. Mon monde me paraissait un bloc, il vient de se fissurer, de perdre de lui-même! La nostalgie monte en moi! ''L'Avergnat'' est mort et j'ai quarante-deux ans... Je me trouve dans la position du coureur cycliste qui vient de passer la flamme indiquant les derniers kilomètres et qui se dit: « Allons, ce qui reste à faire est moins long que ce qui a été fait... »

                     Il fait frais. Je jette mon mégot qui éclate en étincelles. Le ciel est piqué d'étoiles. Une nouvelle vient de s'allumer ce soir! Je sens deux larmes rouler sur mes joues que le vent sèche!

                   Georges Brassens est parti, mon ''ami'' le poète s'en est allé guitare sous le bras vers son ''petit coin de paradis''!

                 Je rentre. Du seuil je regarde les dîneurs. Presque tous sont plus jeunes que moi. Ils rient en bavardant. L'avenir leur appartient tout comme il m'appartenait quand j'avais leur âge. Tout est bien! Tout est dans l'ordre... Je peux sourire, j'entame le début de mon éternité!

Par Alain
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés